Italo De Grandi : peintre et sculpteur (1912-1988)
VDG-53 Méditerranée et RThB La Maison rose
Vincent De Grandi, R.-Th. Bosshard | Non daté
Huile sur toile | 14 x 24 cm
Période V. De Grandi : 1969-1988 Désir d'harmonie
R.-Th. Bosshard : 1931-1938 Méditerranée
Paysage avec architectures | Personnages | Créé à Corseaux et Tinos (Grèce)
Inventaire VDG-53 | Collection privée
Photo François De Grandi
VDG-53 Méditerranée et RThB La Maison rose
Vincent De Grandi, R.-Th. Bosshard | Non daté
Huile sur toile | 14 x 24 cm
Période V. De Grandi : 1969-1988 Désir d'harmonie
R.-Th. Bosshard : 1931-1938 Méditerranée
Paysage avec architectures | Personnages | Créé à Corseaux et Tinos (Grèce)
Inventaire VDG-53 | Collection privée
Photo François De Grandi
La documentation ci-dessous a été rédigée par François De Grandi, à l’exception des textes en italique avec mention de leur auteur.
Description
Il s’agit ici d’une “mise en parallèle” – choisie par Christophe Flubacher, historien de l’art – entre deux sujets quasi identiques, l’un par V. De Grandi et l’autre par R.-Th. Bosshard..
Pour Vincent, une bâtisse qui n’existe pas, sur un bord de mer qu’on ne trouvera nulle part, mais bien reminiscent de la Méditerranée par sa lumière.
Pour Bosshard, une maison bien réelle, située sur l’Île de Tinos en Grèce.
En commun, la mer en arrière plan, une corde à linge bien garnie, et cette couleur rose qui trône chez l’un et fait contrepoint chez l’autre…
Caractéristiques artistiques
.
SUJET
La Méditerranée à midi et au crépuscule - ou à l'aube ?
À Tinos, les maisons sont toutes blanches, aussi ce rose qui embaume curieusement la façade pourrait n’être en réalité que le reflet d’un soleil déclinant et mourant sur la mer, aux premières heures du crépuscule, à moins qu’il ne s’agisse de l’aurore aux doigts de rose dont parle Homère dans L’Odyssée.
Christophe Flubacher, Focus 8 Vincent De Grandi, Méditerranée | R.-Th. Bosshard, La Maison rose à Tinos, Catalogue de l’exposition
.
COMPOSITION
Symétrie et dissymétrie
À l’organisation parfaitement symétrique du tableau chez Vincent – l’édifice couleur lavande est ceinturé de part et d’autre par une même surface blanche (est-ce une borne, un muret ou une barque retournée ?) –, Bosshard préfère la dissymétrie, en décalant sur la droite sa maison rose dont l’architecture, avec le décrochement de la terrasse, suit une diagonale partant du haut droit du tableau et descendant vers la mer en bas à gauche.
Christophe Flubacher, Focus 8 Vincent De Grandi, Méditerranée | R.-Th. Bosshard, La Maison rose à Tinos, Catalogue de l’exposition
.
TECHNIQUE
Huile sur toile
Chez Vincent, la luminosité folle du soleil imprime un jour de lenteur et de suspension. Le ciel immobile affiche une matité uniforme, il ressemble à de la tôle peinte, aucun nuage ne l’égaie. Or cet effet de suspension n’est pas sans rappeler la peinture de l’Italien Giorgio de Chirico et, avec elle, le souffle de la mélancolie qui l’accompagne généralement. La toile de Bosshard, en revanche, ressortit à cette facture translucide dont le peintre a le secret, qui allège la matière et lui imprime une évanescence à nulle autre pareille.
Christophe Flubacher, Focus 8 Vincent De Grandi, Méditerranée | R.-Th. Bosshard, La Maison rose à Tinos, Catalogue de l’exposition
.
PALETTE

Pertinente : 13607295
Ces deux palettes se distinguent principalement par leur contraste :
– celle de Vincent présente de forts écarts entre tons clairs et foncés, qui définissent bien la lumière écrasante de la mi-journée.
– celle de Bosshard maintient des tons de valeur proche les uns des autres, générant une douce atmosphère d’aube ou de crépuscule.
Les couleurs vibrent, probablement parce que le peintre, plus que de coutume, s’est attaché à représenter ce qui ne se voit pas mais dont on devine les effets, le vent. Chez Vincent, l’homme légèrement décentré qui marche au premier plan, de même que la lingère, à gauche, qui fixe une pièce de drap sur la corde à linge, ont tous deux pour mission de venir contrebuter par leurs mouvements le hiératisme et l’implacable organisation de la composition, de même que le silence et la pesanteur qu’impriment les chaudes heures de la journée. De sorte qu’à la primauté de l’air chez Bosshard répond celle de l’humain chez Vincent De Grandi.
Christophe Flubacher, Focus 8 Vincent De Grandi, Méditerranée | R.-Th. Bosshard, La Maison rose à Tinos, Catalogue de l’exposition
Contexte
.
PÉRIODE
V. De Grandi : 1969-1988 Désir d'harmonie
R.-Th. Bosshard : 1931-1938 Méditerranée


