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RTh Bosshard et V De Grandi : Nu à la corbeille et Pénombre

RThB Nu à la corbeille et VDG-60 Pénombre

RTh Bosshard et V De Grandi : Nu à la corbeille et Pénombre

Italo De Grandi : peintre et sculpteur (1912-1988)

I et V De Grandi

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RThB Nu à la corbeille et VDG-60 Pénombre

 

R.-Th. Bosshard, Vincent De Grandi | Non daté
Huile sur toile | 50 x 60 cm et 40 x 23.5 cm
Période R.-Th Bosshard : 1924-1932 Retour en Suisse à Riex
V. De Grandi : 1969-1988 Désir d'harmonie
Intérieur | Nu | Créé à Riex et Corseaux
Inventaire RthB-10_D0212 et VDG-60 | Collection privée
Photo François De Grandi

 

RThB Nu à la corbeille et VDG-60 Pénombre

 

R.-Th. Bosshard, Vincent De Grandi | Non daté
Huile sur toile | 50 x 60 cm et 40 x 23.5 cm
Période R.-Th Bosshard : 1924-1932 Retour en Suisse à Riex
V. De Grandi : 1969-1988 Désir d'harmonie
Intérieur | Nu | Créé à Riex et Corseaux
Inventaire RthB-10_D0212 et VDG-60 | Collection privée
Photo François De Grandi

 

La documentation ci-dessous a été rédigée par François De Grandi, à l’exception des textes en italique avec mention de leur auteur.

Description

 

Il s’agit ici d’une “mise en contraste” – choisie par Christophe Flubacher, historien de l’art – entre deux nus, l’un par R.-Th. Bosshard et l’autre par V. De Grandi .
Tous deux utilisent la même technique à l’huile, avec des palettes de couleurs étrangement similaire ; mais ils expriment la nature du corps féminin dans deux contextes radicalement différents.

 

Caractéristiques artistiques

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SUJET

Nu nature et nu domestique

 

Le “Nu à la corbeille de Bosshard” est autrement plus coloré et chaleureux. Il fleure bon l’été, le soleil et la saveur des fruits garnissant le panier posé sur une table. L’espace s’est agrandi, l’on n’est plus confiné dans un intérieur exigu comme avant, mais en plein air, sur une terrasse ou un balcon dominant un lac que vient délicatement froisser la proue d’un voilier. On ne sait pas vraiment où l’on est, à Lavaux peut-être, à Lausanne probablement où le peintre et sa femme Ingeborg habitent à cette époque. Mieux même, serait-on tenté de dire, on est nulle part, entre terre et ciel, solide et liquide.

Le tableau de Vincent a en effet de quoi surprendre. C’est une femme dont on se demande si elle est assise ou debout, logée dans un intérieur à l’extraordinaire exiguïté, une boîte en quelque sorte dont le fond sommairement tapissé de végétation boucle la composition. Sort-elle du bain ? Se lave-t-elle ? Sommes-nous dans une salle d’eau ou une chambre à coucher ? Bas de plafond, l’espace oblige même le nu à s’incliner pour éviter de se cogner la tête.

Christophe Flubacher, Focus 9 R.-Th. Bosshard, Nu à la corbeille | Vincent De Grandi, Pénombre, Catalogue de l’exposition

 

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COMPOSITION

Perspective multiple et cadrage imposé 

 

[Chez Bosshard,] Le nu, la table, le divan et la corbeille, échappant aux lois de la gravitation, semblent léviter au-dessus des eaux, comme si le peintre avait voulu juxtaposer deux scènes distinctes – un nu couché sur le côté d’une part et un panorama du Léman d’autre part – ou alors, comme si, à la manière des peintres cubistes, Bosshard avait voulu restituer la mobilité du regard qui ne cesse de se déplacer, et offre du même coup la simultanéité de plusieurs points de vue d’un même sujet.

[Chez Vincent,] la facture du corps féminin est sans apprêt, une jambe raide, un visage à peine ébauché et un dos immense, sans le galbe de la taille et de la croupe, une ligne continue de la tête jusqu’aux fesses, un dos immensément long que la verticalité du tableau surligne davantage encore. Vincent De Grandi contrevient ici à la norme, évitant l’érotisme que tant d’adeptes du bain s’efforcent d’insérer sur la toile.

Christophe Flubacher, Focus 9 R.-Th. Bosshard, Nu à la corbeille | Vincent De Grandi, Pénombre, Catalogue de l’exposition

 

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TECHNIQUE

Huile sur toile

 

 

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PALETTE

Palettes RThB Nu à la corbeille et VDG Pénombre

Pertinente : 17744

 

Les deux palettes, résumées ci-dessus par ces deux échantillons de 12 couleurs, sont vraiment très similaires, non seulement dans leurs couleurs, mais aussi dans les valeurs de ces dernières, claires ou foncées.
Et pourtant, elles expriment deux situations quasiment opposées, l’une de liberté et de symbiose naturelle, l’autre d’enfermement et de tension domestique.

Le bleu foncé que l’on trouve en arrière plan dans les deux compositions, à quelque nuance près, a été choisi comme couleur “pertinente” parce qu’elle crée la profondeur de l’espace, du lieu : comme lac ou mer dépassant la toile chez Bosshard et comme reflet extérieur de papier peint ou de miroir chez Vincent.

[Chez Vincent,] le nu est un modèle simple, dans un intérieur modeste où les tons eux-mêmes accusent une faible intensité, oscillant entre le brun, le beige, l’orange délavé, le verdâtre, l’olivâtre et le bleuâtre […]

Christophe Flubacher, Focus 9 R.-Th. Bosshard, Nu à la corbeille | Vincent De Grandi, Pénombre, Catalogue de l’exposition

 

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LUMIÈRE

Lumière globale et éclairage absent

 

[Chez Bosshard,] L’ensemble demeure toutefois cohérent et harmonieux. Les éléments du tableau cohabitent et se rejoignent à dessein de magnifier la suavité d’un jour heureux et la marche tranquille du monde. Ce n’est pas un nu des jours ordinaires, mais un nu du dimanche et son corollaire de béatitude et de lumière.

[Chez Vincent,] Ce n’est pas un nu festif, mais un nu du lundi. Ce n’est pas un nu en pleine lumière, mais un nu dans la pénombre. Ce n’est pas un nu pour le nu, mais un nu qui sacrifie à la toilette et à l’hygiène corporelle.

Christophe Flubacher, Focus 9 R.-Th. Bosshard, Nu à la corbeille | Vincent De Grandi, Pénombre, Catalogue de l’exposition

 

 

 

 

 

Contexte

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PÉRIODE

R.-Th Bosshard : 1924-1932 Retour en Suisse à Riex
V. De Grandi : 1969-1988 Désir d'harmonie

 

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COURANT ARTISTIQUE

Post-cubisme pour R.-Th. Bosshard
Impressionnisme pour V. De Grandi

 

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ARTISTES EN RELATION

Auberjonois, Steinlen

 

On nous aurait dit que ce nu peint par Vincent De Grandi était en réalité signé René Auberjonois , qu’on ne nous aurait pas autrement surpris. Apôtre de la désillusion perceptive, Auberjonois n’avait pas son pareil pour déjouer les attentes, contrebuter les habitudes perceptives et décevoir un public peu enclin à voir bouger les lignes. Le tableau de Vincent a en effet de quoi surprendre. C’est une femme dont on se demande si elle est assise ou debout, logée dans un intérieur à l’extraordinaire exiguïté, une boîte en quelque sorte dont le fond sommairement tapissé de végétation boucle la composition. Sort-elle du bain ? Se lave-t-elle ? Sommes-nous dans une salle d’eau ou une chambre à coucher ? Bas de plafond, l’espace oblige même le nu à s’incliner pour éviter de se cogner la tête. Outre Auberjonois, nous revient alors en mémoire un tableau de Théophile Alexandre Steinlen, “La toilette” dans lequel une femme de modeste condition, et dans une chambre tout aussi minuscule, se lave humblement les pieds.

Christophe Flubacher, Focus 9 R.-Th. Bosshard, Nu à la corbeille | Vincent De Grandi, Pénombre, Catalogue de l’exposition

 

 

 

 

I et V De Grandi

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