Italo De Grandi : peintre et sculpteur (1912-1988)
RthB-44 Remparts d’Antibes
Rodolphe-Théophile Bosshard | 1956
Gouache sur papier | 37.5 x 30.5 cm
Période 1947-1960 : Dernières années
Paysage avec architectures | Créé à Antibes
Inventaire RthB-44 | Société des Beaux-Arts de Vevey
Photo François De Grandi
RthB-44 Remparts d’Antibes
Rodolphe-Théophile Bosshard | 1956
Gouache sur papier | 37.5 x 30.5 cm
Période 1947-1960 : Dernières années
Paysage avec architectures | Créé à Antibes
Inventaire RthB-44 | Société des Beaux-Arts de Vevey
Photo François De Grandi
La documentation ci-dessous a été rédigée par François De Grandi, à l’exception des textes en italique avec mention de leur auteur.
Caractéristiques artistiques
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SUJET
Promenade sur les remparts
Ce lieu existe. En vrai on peut le voir comme ceci :


Bosshard réinterprète ici ses impressions de promeneur en leur donnant une dimension hors du temps, tantôt à vol d’oiseau, tantôt en piéton appliqué à cadrer de loin des images ou des mirages ?..
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COMPOSITION
Géométrisation et perspectives multiples
Stimulé par les angles et les lignes multiples des murs et des tours de ces anciens remparts, Bosshard se pique au jeu et reprend le genre de compositions inspirées du cubisme qu’il affectionnait dans sa jeunesse (voir Escales et Nu au canapé par ex.).
Il fragmente ainsi les lignes et les surfaces des murailles, en multipliant les points de vue et les sources lumineuses, de manière à créer une représentation affranchie du réel, induisant par le paradoxe de son équilibre et son dynamisme une certaine jouissance calme et ludique du regard.
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TECHNIQUE
Gouache sur papier
Usuellement, la gouache, couleur à l’eau, est utilisée pour créer des surfaces homogènes (aplats), superposées les unes sur les autres, avec des bords francs, contrairement à l’aquarelle qui crée la transparence.
Bosshard traite la gouache à sa manière, en la diluant au point de pouvoir jouer librement avec sa densité : il peut ainsi se permettre de passer de nuances très légères à des tons graduellement plus saturés, plus opaques, tout en maintenant l’ensemble dans une fragilité proche d’un origami (papier plié japonais).
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PALETTE

Pertinente : 11976132
Jeu restreint de couleurs proches de celles de la pierre des remparts, du ciel et de la mer, mais dé-saturées, surexposées, éclaircies par places quasiment jusqu’à l’absence, afin de faire basculer toute la scène dans une émotion lumineuse, une espèce de mirage.
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LUMIÈRE
Dynamique plurielle
Mais en quoi Bosshard, qui n’a adopté ni sa palette sévère ni sa forme incisive, reste-t-il lié au cubisme ?
Ce qu’il en garde avant tout, c’est l’idée de la diffraction de la couleur-lumière qui multiple les sources lumineuses à l’intérieur du tableau et en dynamise l’espace grâce à des points de vue mobiles. Lui qui passait de longues heures sur son bateau à s’émerveiller des miroitements et réverbérations du lac se plaît à traduire le caractère changeant et protéiforme de la lumière irradiante avec ses irisations et chatoiements.
Mais sa lumière à lui reste bien plus intuitive et arbitraire que réellement construite scientifiquement selon des principes optiques et des systèmes ondulatoires. Émotionnelle et fantaisiste, elle lui permet avant tout de contribuer à créer des atmosphères irréelles et oniriques.
• Françoise Jaunin, article Alchimiste de la lumière, Catalogue de l’exposition
Note:
– la diffraction est la propagation et l’interférence de la lumière traversant des espaces ou rebondissant sur des réseaux d’objets, comparables en distance d’espacement ou en taille à la longueur d’onde de la lumière, qui alors a tendance à “s’éparpiller”.
Contexte
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PÉRIODE
1947-1960 : Dernières années
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COURANT ARTISTIQUE
Cubisme et post-cubisme
Du cubisme aussi, il retient la leçon d’une structure rigoureuse mais éclatée et affranchie d’une représentation statique et illusionniste du réel. Et cette libération vaut aussi bien pour son contrôle de la forme que pour son usage de la couleur. Quoi qu’il en soit, Bosshard «cubisera» toujours à sa manière toute personnelle, vaporeuse et voluptueuse.[…]
Bosshard garde son cap, mais ses audaces s’édulcorent peu à peu et se font plus consensuelles. Tout en restant habité par des tensions sous-jacentes, son œuvre conjugue désormais l’héritage post-cubiste avec la tendance du «retour à l’ordre» qui se manifeste dans toute l’Europe de l’entre-deux-guerres en faveur du métier, de la tradition et des modèles classiques.
• Françoise Jaunin, article Alchimiste de la lumière, Catalogue de l’exposition
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ARTISTES EN RELATION
Braque, Picasso
Quant en 1910 le Vaudois monte à Paris pour la première fois, le cubisme originel de la cordée Picasso-Braque (date de naissance : 1907) aborde déjà sa deuxième phase, mais l’onde de choc provoquée par son langage radicalement neuf ne fait que commencer, lui qui multiplie les angles de vue sur les êtres et les choses et fragmente l’espace en facettes sans jamais franchir le pas de l’abstraction.
• Françoise Jaunin, article Alchimiste de la lumière, Catalogue de l’exposition


