Rodolphe-Théophile Bosshard | 1929
| 100 x 65 cm
Période 1924-1932 : Retour en Suisse
Paysage | Créé à Riex
Inventaire RthB-8 | Collection privée
Photo François De Grandi
RthB-8 Sonia
Rodolphe-Théophile Bosshard | 1929
| 100 x 65 cm
Période 1924-1932 : Retour en Suisse
Paysage | Créé à Riex
Inventaire RthB-8 | Collection privée
Photo François De Grandi
La documentation ci-dessous a été rédigée par François De Grandi, à l’exception des textes en italique avec mention de leur auteur.
En bref
Le corps de la femme est une cathédrale et ses seins les plus hautes tours de compassion
Rodolphe-Théophile Bosshard
Caractéristiques artistiques
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SUJET
Splendeur féminine
Femme et fière de l’être : une forte affirmation féministe toute en nuance et en symbiose avec son environnement.
[…] de face, bras levés pour surligner la beauté du torse, la fermeté de la poitrine, mais aussi la pilosité des aisselles. Or ce détail n’est pas sans importance. Aux peintres académiques du XIXe siècle qui s’interdisaient toute représentation sexuée de la femme et peignaient des corps marmoréens, sans défauts et sans poils, Bosshard répond en restituant à la femme sa carnation, sa sexualité, son érotisme. Sans vulgarité aucune, sa peinture est un désir de femme et d’amour. Maître incontesté du nu, il le sertit dans la grâce et la beauté.
• Christophe Flubacher, Focus 6 Le Nu chez R.-Th. Bosshard, Catalogue de l’exposition
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COMPOSITION
Forme et fond en résonances géométriques
Il y a ici dialogue entre la forme (Sonia) au premier plan et la Nature à l’arrière-plan, par un jeu de lignes et d’angles qui se répondent.
On peut légitimement parler de mise en abyme où courbes et contre-courbes se répondent et se perpétuent en ondes musicales. Ici, la nature surligne la position du bras gauche de Sonia, là le dossier du divan corrobore le dos généreux du Nu au canapé, tandis que le sol se fait aussi moelleux qu’un lit pour accueillir le nu rêvant à l’abord du petit pont dont la convexité a quelque chose à voir avec la souplesse élastique de la chair humaine.
• Christophe Flubacher, Focus 6 Le Nu chez R.-Th. Bosshard, Catalogue de l’exposition
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PALETTE

Pertinente : 9859408
Couleurs terriennes, bien en phase avec les tendances chromatiques de la fin des années vingt. On pense à la palette de Le Corbusier, en particulier ses tons bruns et rouges :

Ici, pas de couleurs vives et éclatantes. Une gamme de couleurs naturelles tout en demi-tons.
Bosshard est attiré par cette volonté de fondre son sujet avec la nature : certes Sonia est bien présente au premier plan par la clarté des nuances de sa peau, mais l’arrière-plan sylvestre se décale en profondeur en déclinant ces mêmes nuances en plus foncé.
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LUMIÈRE
Éclairage frontal et modelé en contre-jour
On peut distinguer deux sources lumineuses : l’une frontale, située potentiellement juste au-dessus de notre tête, l’autre en contre-jour émanant de l’extrémité supérieure droite de la scène – on la discerne déjà à l’arrière-plan, éclairant par derrière quelques buissons.
Bosshard utilise ce léger contre-jour pour accentuer discrètement le modelé du corps de Sonia, visible le long de son bras et de sa hanche gauche et mettre sa forme statuaire en avant, bien détachée du fond.
Contexte
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PÉRIODE
1924-1932 : Retour en Suisse
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ARTISTES EN RELATION
Alice Bailly, Gustave Buchet
Le cubisme, lui, c’est surtout entre 1920 et 1924 – ses années de vie parisienne – qu’il entre vraiment dans sa vie et sa peinture. Fasciné, Bosshard y découvre une nouvelle vision du monde qui le marquera jusqu’à la fin, tout comme ses compatriotes Alice Bailly et Gustave Buchet, […].
Avec ses angles aigus, ses arrêtes vives, ses formes syncopées et abruptes, l’esthétique cubiste se prêtait bien, aux yeux de certains tout au moins, à traduire le choc et la déshumanisation de la Grande Guerre. Après 1918, les héritiers du mouvement la réinterprètent en mode post-cubiste, généralement moins tranchante et plus libre.
• Françoise Jaunin, article Alchimiste de la lumière, Catalogue de l’exposition


